La résonance, une métacompétence ?

Note d’Estelle sur la journée thématique “Les métacompétences du 21e siècle”, organisée par Le Lab RH et Humans Matter dans le cadre de l’Université d’été “Le facteur humain au cœur des transitions“, 2 septembre 2021

Participer à cette journée de rentrée a agité des sujets qui résonnent avec les thématiques de notre laboratoire Exalt Design Lab. Avec ce bref rapport d’étonnement, je vous invite à prolonger la discussion.

D’abord, alors que les compétences que l’on nomme soft sont particulièrement mises en lumière aujourd’hui, rappelons que leur identification date des années 1970, en lien avec les champs de la systémique et de la sociodynamique. La plupart des modèles actuels pour penser la transformation relèvent de cette lignée.

Les soft skills, ou compétences connectives, représenteraient ainsi de manière imagée la dimension « épigénétique » permettant à un individu d’activer les « gènes » que représentent ses connaissances, savoir-faire et ressources. Il est évident que de telles capacités adaptatives sont clé dans notre monde structuré en réseaux et écosystèmes complexes. 

Là où naît l’incohérence, c’est qu’elles sont le plus souvent abordées sous l’angle du développement psychologique et cognitif. Or, que l’on cite la pensée créative, critique, la communication, la collaboration… chaque métacompétence se situe entre individu, autres, et monde. Elles ne nous appartiennent pas, mais adviennent en interrelation. Pourquoi alors en faire porter la responsabilité à une personne isolée ? Je ne suis pas créatif.ve. Je ne suis pas une île. Mon identité n’est ni fixe ni absolue. Elle se recompose en permanence, dans un processus dynamique où je ne joue qu’un rôle parmi d’autres. 

Créer du sens, prendre soin, apprendre à apprendre… mettre en œuvre ces compétences passerelles qui nous permettent de comprendre et d’agir en complexité, représente donc une co-responsabilité. Et si l’on quittait l’approche gestionnaire pour mettre plutôt l’accent sur la résonance ? N’est-ce pas cette capacité à résonner qui contient la clé de nos intelligences – au-delà de la dichotomie entre l’individuel et le collectif ?

La recherche, notamment à partir des travaux de Will Schutz en psychologie, nous apprend que le sentiment d’appartenance est la première condition nécessaire à la performance d’une équipe. Le groupe doit ainsi constituer un cadre de confiance, permettant l’inclusion de chacun.e, l’ouverture et la résonance collective. Ce besoin ressortait également de notre étude sur la résilience et l’apprenance des organisations[1] : pour pouvoir oser se confronter à l’inconnu, expérimenter et se transformer, il faut un centre sécure où retourner. 

Managers, vous efforcez-vous d’y contribuer dans vos organisations ? Si oui, comment ? 

Ensemble, au sein de notre communauté Exalt, comment pouvons-nous agir en ce sens et vous aider ?

J’espère vos retours d’expériences, envies et idées… 


[1] Étude qualitative basée sur 12 entretiens de responsables Innovation / Design dans des entreprises de tailles et secteurs variés.