Workshop à la conférence EAD Design for next (Rome)

Les goodies marquent l’esprit de cette 12e conférence EAD (European Academy of Design), hébergée par l’université Sapienza de Rome :

  • N&B (on n’est pas designers pour le style)
  • DIY (18 sessions en parallèle, débrouille toi pour choisir)
  • design for NEXT (society, aesthetics, thinking, economy… tel était le thème)
Acte 1 – La culture, une question de vie ou de mort

On est à Rome, en terre méditérranéenne (littéralement à la croisée des chemins). En introduction, Tonino Paris parle des différences qui s’unissent pour former une entité. Mais le thème culturel sera finalement peu présent dans mon vécu de la semaine. Une présentation sur les valeurs incarnées dans le rituel du cadeau (Pays-Bas vs Japon), un autre sur les objets religieux  comme expression de la teckné, un projet de pierre tombale appropriable par les proches du défunt, et pour finir sur le thème de l’au-delà, les expérimentations de Corpuscoli sur les vertus étonnantes des champignons (entre croissance et décomposition).

La culture évoque donc aussi la biologie, et Gavin Munro qui cultive son mobilier en «pensant comme un arbre», ou l’arbre à pluie Warka Water co-conçu en Ethiopie. Enfin, une étude impressionnante sur le design ‘complementing skill’ pour le développement artisanal/social/économique au Pakistan – où l’on discute sur la notion d’empowerment.

Acte 2 – Design, pouvoir & société : vous reprendrez bien un peu de fiction ?

La keynote de Nicolas Nova présente, à ceux qui croyaient encore que le design critique est émergent, le rôle de la fiction comme ‘ethnography of the possible’ (Halse, 2013).

D’autres présentations usent  de narrations pour ouvrir la discussion et des alternatives : visions composites de la ville (Univ Lancaster), recours à la philosophie de Arendt (ImagisLab, Polimi), création de sens par la narration de vie (ACLondon), personae hybrides trans-espèces pour habiter le changement climatique (AHOslo)… mais tout cela reste un peu décousu.

Un peu d’interaction grâce à la discussion entre Andreas Unteidig (Berlin univ) et Idir Gaziulrsoy (Aalto) sur l’engagement social et politique des pratiques de design. On parle bien du politique, pas de la politique, comme nous le rappelle la lettre Stand up for democracy distribuée par Ezio Manzini. Plus revendicatif, Derrick de Kerkhove épingle ‘demorature’ et ‘datacracy’, en arguant pour un nouveau contrat social à l’heure de l’open data.

Acte 3 – L’heure d’expérimenter, l’heure d’innover

Nous animions un workshop  ‘Mobiliser les imaginaires pour innover’ a accueilli une dizaine de participants, chacun d’un pays différent, représentant 4 continents ! Une riche matière à partager pour inspirer des propositions de design infusées d’expériences vécues ou racontées…

Partage d’histoires qui viendront nourrir la démarche d’idéation

Des modèles de management glanés au fil des présentations

Acte 4 – Gratuito : è un piacere essere parigino nel Macro ! 

Anish Kapoor, Alfredo Pirri, et pour l’Afrique peu représentée à la conférence : les magnifiques photos d’Ethiopie par Marco Paoli

Le dimanche de Pâques, alors que tout le monde se pressait sûrement au Vatican,  on était bien mieux au musée d’art contemporain (et dans les rues au soleil !).

En 2019, la 13e conférence de l’EAD sera à Dundee (Écosse). Est-ce qu’on y aura la même dolce vita ?!

 

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