ARD 2015 – la 10 édition des Ateliers de la recherche en design à Montréal

Une première pour l’association francophone, la 10e édition des Ateliers de la Recherche en Design, ARD 10, s’est tenue au Canada, hébergée du 21 au 24 octobre 2015 à l’école de design de l’Université de Montréal (Faculté de l’aménagement). Le thème cette année était « transformer, innover, dérégler ». Entre conférences, tables rondes, workshops et parcours dans la ville, cette édition a souhaité mettre en lumière l’apport du design dans la résolution des problèmes sociaux, politiques et économiques actuels.

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Comme l’explique Philippe Gauthier, président de cette édition des ARD, l’évolution actuelle du design a besoin de la communauté de recherche en design pour développer un « discours critique nécessaire pour départager ce qui relève de la récupération politicienne du design et de l’innovation, et ce qui relève des projets authentiques de transformation de la société. » Parmi les différents intervenants, Strate a présenté un article sur l’apport du design et de la recherche en design dans la robotique sociale. Voici un petit compte-rendu non exhaustif des moments qui nous ont marqué et des photos ici.

L’ouverture de l’événement par Alain Findeli : La recherche en design c’est comme un « baguel », dit Alain Findeli. Oui, le bagel canadien a été la mascotte des ARD cette année. Creux au milieu, mais plein et bien rond à l’extérieur pour symboliser les différentes disciplines qui se donnent la main pour résoudre des problèmes. Chercheur fondateur des ARD, A. Findeli nous parle au travers du bagel du double rôle du design : agir dans le monde intérieur (poïetis) et agir dans le monde extérieur (praxis). Le design, c’est donc Poïetis + Praxis. Ainsi la qualité du résultat du designer reflète sa personnalité, mais également un modèle préétabli en forme de U qui permet de donner forme à cette démarche double : aller à la source pour se connecter et puis agir sur le monde. Le chercheur se demande aussi « quel est l’idéal de l’acte de design? » Pour y répondre il propose le projet de l’habitabilité du monde sur tous les registres (pas seulement sur le confort mais aussi sur le design de l’expérience !) qui peuvent se regrouper sous 4 formes : le physique, les émotions (le psychique), le social et le spirituel.

Céline Poisson – Design et attitude pragmatiste : Une passionnante intervention philosophique dont on retient que le design peut être une attitude de vie, pas seulement pour la vie professionnelle mais plus comme un état d’esprit. Dans cette disposition, C. Poisson parle de l’existence des hypothèses. Ces hypothèses ont comme rôle de garder vivant le processus design et de l’amener vers l’innovation; elles donnent un sens à nos actes en construisant quelque chose de nouveau, qui envoie/projette vers le futur. Ces hypothèses ne sont pas l’innovation, mais elles sont toujours avant cette innovation. Leur justification est dans la manière dont le designer va clarifier le sujet, en trouvant des indices. Cette quête semble être à l’originalité de l’attitude design.

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Conversation. L’intervention du design dans l’espace public. >> Intervenant Stéphane Vincent (fondateur de la 27e Région) : Une belle démonstration de ce que le design et les sciences humaines peuvent amener dans l’innovation pour les politiques publiques – le designer acteur de la [re]forme. Nous trouvons un design engagé, militant, courageux. Dans son processus d’action, la 27e Région, utilise la publication et la documentation comme outils nécessaires pour réfléchir au métier, à la vision et aux méthodes d’aboutissement d’un projet. Un nouvel ouvrage qui explique ce processus et ces outils vient de paraitre : « Chantiers ouverts au public ». Ca promet !

>> Intervention Derek Miller (directeur de The Policy Lab) :  Instance de l’ONU pour aider les pays pauvres avec une démarche appelée « evidence based design ». L’intervenant a expliqué comment cet organisme fait de la recherche au Ghana et au Népal, en particulier grâce au travail d’observation. Après cette analyse deux questions se posent : 1) Comment utiliser cette connaissance? Elle ne s’applique pas toute seule. 2) Comment apprendre aux locaux, alors que ceux-ci ne sont pas forcément en demande? Une réflexion autour des missions de ce type d’organisation qui veut changer le monde. Quand est-ce que le designer doit savoir s’arrêter ? demande le public.

>> L’Intervention Diane de Courcy (responsable du bureau de projet « Je fais Montréal ») : Montre l’énergie et les ressources que la ville de Montréal donne pour innover dans la ville. Impressionnant ! A la fin de cette table ronde sur la culture design pour l’innovation dans l’espace public, on conclut “Design = culture d’excellence + culture de l’ingéniosité”.

Autres événements:

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L’intervention de Strate: Dans la section design social, l’article de Strate (« Le design comme forme de recherche en robotique sociale. Histoire d’une collaboration dans le cadre du projet ROMEO 2 » par Ioana Ocnarescu, Isabelle Cossin, Frédérique Pain) propose de présenter le projet Roméo 2 et de montrer le rôle que peut prendre le design dans le domaine de la robotique sociale. Après un bref état des lieux de ce que représente aujourd’hui la robotique sociale, ses enjeux et les thématiques de recherche au niveau international, le projet en lui-même est présenté. Il s’agit d’aborder les différentes étapes du projet pour montrer la dynamique de la recherche projet entreprise par le design. Ainsi nous montrons comment cette recherche encrée dans le terrain et centrée utilisateur propose des formes de recherche dans ce domaine en pleine expansion qu’est la robotique sociale.

Workshop STM (le RATP de Montréal) avec observation et parcours dans la ville.

Discussions avec Stéphane Vial sur L’originalité épistémologique du design : philosophie, design ) histoire et évolution dans le dernier livre « Que sais-je » sur le Design.

Santé publique – table ronde en mode scribing:

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